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03/01/2011

Mini-portraits croisés


Trois questions à Sophie Dupont-Monfort et Flore de Lamaze, diplômées de la promo 2009 occupant aujourd’hui des postes à responsabilité dans le domaine du Développement Durable

  1. Pouvez-vous présenter brièvement votre entreprise et expliquer en quoi consiste votre poste ?
  2. Sophie Dupont-Monfort : Je viens de rejoindre en février 2011 RTE (Réseau Transport d’Électricité), une filiale d’EDF qui compte 8 500 salariés. J’occupe un poste à la Direction du Développement Durable au sein d’une équipe de sept personnes.
    Ce qui me plait ici, c’est que le développement durable est au cœur de l’activité puisque nous exploitons et développons des réseaux d’électricité dans des espaces ruraux. Il y a une grosse problématique de biodiversité mêlée à une grosse problématique sociale, puisque le secteur agricole et rural est un interlocuteur privilégié.
    Je mets en place des actions et travaille sur tout ce qui est animation. En interne, j’organise par exemple la Semaine du Développement Durable, avec des ateliers, des conférences, etc. Je vais bientôt être amené à coordonner tout le réseau des unités régionales de l’entreprise, ce qui va me plonger dans des problématiques plus techniques, et nous avons beaucoup de projets en prévision.

    Flore de Lamaze : J’occupe depuis un an le poste de Chef de projet Développement Durable au sein de la Centrale d’Achats de Leroy Merlin France, rattachée au groupe de produits « Habitat Durable ». Leroy Merlin France, qui appartient au Groupe ADEO (Groupe Mulliez), est l’enseigne de grande distribution spécialisée leader depuis 4 ans sur le marché français du bricolage.
    Mon rôle est d’impulser des projets et des axes stratégiques liés au Développement Durable, à tous les niveaux de l’entreprise. Je travaille ainsi en collaboration avec les Directions des fonctions supports mais aussi et surtout avec les équipes des 114 magasins qui composent le parc Leroy Merlin.
    Je les accompagne vers l’éco-conception des produits, l’optimisation de la gestion des ressources énergétiques et des déchets, l’optimisation des déplacements, la mise en place d’actions de sensibilisation des clients et des collaborateurs, etc. En particulier, j’ai rencontré et mobilisé les collaborateurs des magasins sur le projet de Bilan Carbone, et j’ai accompagné 71 d’entre eux dans la réalisation à leur niveau de ce projet, puis dans la construction de leurs plans d’actions de réduction des émissions de gaz à effet de serre.
    De même, j’ai piloté le projet d’analyses de cycles de vie de produits, en collaboration avec les Chefs de produit, pour les aider à faire les bons choix d’un point de vue environnemental dès l’achat et le référencement des produits. J’ai initié de nombreux projets tels que la comptabilité carbone, le projet de site de covoiturage, ou encore de formation des clients et des collaborateurs à l’éco-conduite. Enfin, j’ai organisé les différents évènements interne et externe sur le Développement Durable, notamment la Semaine du Développement Durable ou des journées dédiées en magasin.

  3. Pour vous, que représente la valeur « Responsabilité » ?
  4. Sophie Dupont-Monfort : Par mon éducation, mon enfance en Normandie, mes voyages, j’ai toujours été attirée par le respect de l’environnement. Cela remonte à loin !
    Surtout, pour moi, le mot « Responsabilité » ne fait pas seulement référence à l’environnement. C’est aussi synonyme de respect, il y a une vraie dimension sociale derrière ce terme. Ainsi une entreprise qui communique sur cette valeur doit assumer ! J’ai eu à ce titre une assez mauvaise expérience à la fin de mon cursus à l’ESC Dijon : j’ai réalisé un stage de fin d’études au sein d’un SSII où j’avais pour objectif de « mettre en place le développement durable ». J’avais pour mission d’assurer la communication et le marketing pour des logiciels permettant de mesurer le développement durable dans les entreprises. Mais je me suis rendu compte que tout cela était « pipeau », la boîte voulait juste surfer sur la mode « green » ! Je déteste cette idée de communiquer alors qu’il n’y a rien derrière, lorsque tout n’est que forme et qu’il n’y a aucune problématique de fond. Heureusement toutes les entreprises ne sont pas comme ça.

    Flore de Lamaze : Depuis quelques années, nous assistons à une montée des préoccupations de la société civile sur les thématiques liées au social, à l’économique et à l’environnemental. Les entreprises comme les gouvernements sont souvent désignés comme causes mais aussi solutions des maux de la société. Sur le plan du Développement Durable et en particulier de l’environnement, si certaines entreprises ont mis du temps à s’atteler à la tâche, la plupart a désormais pris conscience du rôle à jouer.
    Lorsque les entreprises prennent en compte les demandes de l’ensemble de leurs parties prenantes et analysent l’impact de leur activité sur leur environnement pour le réduire et l’optimiser, à court, moyen et long termes, en allouant des ressources humaines et financières, alors on peut parler d’entreprise responsable. Même s'il n’y a pas toujours de bonne ou de mauvaise réponse aux problématiques, et même si celles-ci ne se résoudront pas en un jour, la démarche d’identification, de reconnaissance du périmètre de responsabilité de l’entreprise et la construction d’une politique pro-active pour l’améliorer, tout cela représente un pas en avant vers des modes de gestion plus responsables. Cette définition est évidemment applicable à toute entité et toute personne. Malgré tout, il faut faire attention au greenwashing…
    D’un point de vue plus personnel, ayant grandi dans les volcans d’Auvergne, je me suis sentie assez tôt responsable de cet environnement...

  5. Quels aspects a pris la sensibilisation à la Responsabilité au cours de votre formation ?
  6. Sophie Dupont-Monfort : En 1ère année, j’ai fait un stage au Mexique dans un Centre de Recherche en Agriculture et Agronomie Tropicale. Ce fut pour moi une super expérience qui m’a permis de découvrir l’écotourisme dans ce pays. J’y ai développé une très forte sensibilité pour les actions de développement durable et l’éthique. Par la suite, j’ai pu réaliser un stage en Argentine dans une ONG spécialisée dans le microcrédit. Autant d’aventures privilégiées qui ont définitivement marqué ma conscience personnelle et orienté les débuts de ma vie professionnelle.

    Flore de Lamaze : Lors de mon année de césure, j’ai réalisé un stage de six mois à la Fondation de France, au sein du département des Partenariats Entreprises. Cela a été mon premier contact avec le monde de la RSE, c’est-à-dire du Développement Durable appliqué à l’entreprise. Puis, en dernière année, en tronc commun, j’ai suivi le module de Corporate Governance, durant lequel il nous a été demandé d’analyser des rapports annuels d’entreprise sous l’angle de la RSE.
    Cette première approche a complété mon expérience en césure, et m’a préparée pour mon stage de fin d’études, en tant que Chargée de projet Développement Durable au sein du groupe Monoprix.