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04/05/2016

Amaury Perrin (MGE 2010)


« Je suis autoentrepreneur dans la prévention des déchets »

« Quand j'ai rejoint l'ESC Dijon en 2006, après une classe préparatoire HEC scientifique et ma réussite au concours BCE, mon choix s'était opéré en grande partie pour la ville, sa taille humaine, et le campus en centre-ville de l'École. J'ai rapidement su que c'était l'environnement qu'il me fallait.

J'y ai suivi un parcours hispanophone, concrétisé par un double diplôme de la prestigieuse Tech de Monterrey. J'ai eu le bonheur de finir mon parcours ESC là-bas, au Mexique, sur le campus de Guadalajara. Une super expérience.

À Dijon, j'ai adoré évoluer au sein de la Fédération des étudiants. J'avais une vraie envie de m’investir dans la vie associative, ce que j'ai largement pu assouvir. Surtout, avant d'entrer à l'École, j'hésitais entre le domaine de la culture et celui du développement durable concernant mon orientation professionnelle.

Et c’est par l’expérience associative que j’ai pu expérimenter ces deux dimensions, d’abord en devenant manager du pôle culture de la Fédé. Côté développement durable, j’ai commencé par mener un projet d’écotourisme au Mexique lors de mon stage de fin de 1ère année, puis j’ai initié et développé le projet « Campus Vert » avec mon ami Vitaly Goloubev (lire à ce sujet le témoignage de Vitaly Goloubev).

J’ai justement découvert l’économie sociale et solidaire (ESS) à l’occasion de l’opération « 100 jours pour un campus vert », un cycle de conférences organisée à l'École sur le thème des enjeux énergétiques. J’ai notamment été marqué par l’intervention de Nathalie Bartman, directrice d'Envie Dijon, une association qui donne du travail à des personnes en insertion professionnelle, dans la filière du recyclage d’électro-ménager.

Tant et si bien que j’ai réalisé mon année césure au sein de la structure lorraine de cette fédération d’associations et entreprises d’insertion, à Nancy, et c’est là que j’ai approfondi mon expérience des problématique de l’ESS et notamment celle des déchets.

Avec tout ceci, j’étais déjà très branché entrepreneuriat. J’ai pu me le confirmer lors des différents travaux de groupes au cours de la formation à l’École. J’ai eu aussi l’opportunité de partir à Lisbonne dans le cadre de COEUR (« Competence in European Entrepreneurship »), des ateliers de stimulation de l’esprit entrepreneur mêlant des jeunes de diverses nationalités européennes.

Responsable jusqu’au bout des doigts

En rentrant du Mexique, j’avais un peu d’appréhension à rechercher un job « classique » en entreprise, aussi j’ai décidé de me lancer en autoentrepreneur. De fil en aiguille je me suis mis à travailler pour un bureau d’études axé sur la problématique des déchets du côté des entreprises, des collectivités, des citoyens et des associations.

Je m’occupais de la partie terrain d’études de gisement, ce qui consistait à étudier ce qui peut être valorisé dans les ordures ménagères de différents territoires, et voir comment développer de la valeur et de l’emploi à partir de ça ; quelque chose avec un vrai sens, autour du développement local et de l’économie circulaire.

J’ai fait ça pendant 4 ans, et dans le même temps je me suis investi dans le milieu associatif, au sein d’Aremacs, spécialisée dans la sensibilisation des publics au tri sélectif, et dans la mise en place de composteurs collectifs en milieu urbain avec l'association Les Compostiers. Je suis même Maitre Composteur référencé par l’ADEME (Agence de l'Environnement et de la Maitrise de l'Énergie, à l'origine notamment du Grenelle de l'Environnement).

Dernièrement, j’ai impulsé la création d'une nouvelle association, La Brigade de Construction Collective (La BriCC). L’idée est d’aller plus loin sur certains types de déchets comme le bois ou le métal, qui sont réutilisables dans certains ateliers sur de l’autoconstruction de mobilier par exemple.

Nous travaillons sur la dimension d’éducation populaire, qui me tient particulièrement à cœur. Il s’agit notamment de se réapproprier le bricolage avec une dimension écologique, et de créer de la valeur par le biais de projets qui ont du sens avec des artisans mobilisés et convaincus.

Mes convictions sur toutes ces questions se sont renforcées au fil de mes expériences. L’ESC m’a permis de découvrir l’ESS, puis par la suite l’ensemble des actions de terrain que j’ai pu mener m’a fait petit à petit me sentir de plus en plus pertinent et utile dans ce milieu, avec mon profil de développeur. En particulier dans l’univers associatif, encore parfois un peu résistant au discours économique...

Aujourd’hui nous allons commencer à travailler avec des bailleurs sociaux sur la pédagogie du bricolage. L’aspect social est fondamental à mon sens. Et je vais même plus loin : il est de ma responsabilité, et plus largement des diplômés d’écoles de commerce – car nous avons les compétences ! – de montrer que les outils économiques sont des moteurs d'initiatives ayant du sens, et qu'il ne faut pas avoir peur de parler business plan ou rentabilité pour des projets sociaux ou environnementaux.

Il faut aller au-delà du « profit pour faire du profit ». Nous n’avons plus de temps à perdre pour relever les défis environnementaux, l’urgence est palpable. Je sais que les élèves d’ESC sont en mesure de pousser des initiatives de sens, on en a un besoin criant. Qu’ils n’hésitent pas à me contacter dans cette perspective ! »