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04/05/2016

Former des managers responsables


« Ça se passe dans les cursus mais aussi hors de la salle de classe »

C’est l’un des crédos d’Alexandrine Bornier, responsable du Département DAP (Développement et Accompagnements Personnels) : « Pour moi, être un manager responsable, c’est être responsable de soi, mais aussi prendre conscience de l’existence des autres, les prendre en compte. C’est le savoir-être, et cela est primordial, de surcroît pour un manager qui est responsable d’équipe, doit transmettre des choses et montrer l’exemple. »

Pour accompagner les élèves dans cette « prise de conscience », l’ESC Dijon a mis en place en 2005 la Pédagogie par l’Action Citoyenne (PAC), un module pédagogique obligatoire intégré au cursus des élèves de première et deuxième année, qui doivent ainsi consacrer 40 heures par an à la société civile par le biais d’actions concrètes, sociales et citoyennes.

« Cette initiative, forme de service civique avant l’heure, est vraiment précieuse », appuie Alexandrine Bornier. « Elle permet de prendre conscience de toutes les typologies existantes, de la diversité de l’humanité. Tant qu’on n’a pas rencontré les gens « pour de vrai », consacré du temps à ce genre d’actions, il est parfois difficile d’avoir le sens des réalités. Rien ne remplace l’expérience terrain. De plus, c’est aussi une façon de relativiser et d’être ancré dans son territoire. »

Les enseignements jouent aussi leur rôle

Si la prise en compte de la diversité de la société ne peut se jouer uniquement dans la salle de classe, cette dernière y joue évidemment un rôle. Et en pratique cette dimension est transversale à l’ensemble des enseignements. « La thématique se retrouve dans les cours, en RH notamment », précise Michel Delorme, Directeur académique et du développement pédagogique de l’ESC Dijon. « Mais plus largement, nous avons récemment réalisé un sondage en interne concernant tous les cours de 2e cycle dispensés à l’École, et il est apparu qu'une grande majorité des contenus de cours comportait un volet RSE. »

La responsabilité est une préoccupation de plus en plus importante pour les professeurs et l’intégration spontanée de cette dimension dans les contenus n’est pas vraiment un hasard. « Il faut dire que cela nous est aussi dicté par ce qu'on observe dans le monde des affaires, les scandales, leurs conséquences sur les entreprises et les emplois… Il est clair que les écoles de management ont un vrai rôle à jouer, car c’est ici que ça commence. Notre comportement doit être irréprochable. Tout cela est devenu une exigence de la société », surenchérit Michel Delorme.

Pour transmettre cela, il y a les études de cas qui ont du « punch », très efficaces pour mesurer l’impact de la dimension. Et s’il ne faut pas mésestimer l’importance des témoignages par le biais de conférences par exemple, l’apport du Référentiel de compétences est salutaire. « Cet outil offre un cadre extrêmement pertinent à l’élève pour qu’il développe et valorise les compétences attendues par les entreprises. J’avais pu me rendre compte dans le cadre d’une étude pour ma thèse de Doctorat que la compétence éthique fait partie des 5 ou 6 plus importantes recherchées au sein des entreprises ; évidemment, elle est évaluée au sein de notre Référentiel », souligne Michel Delorme.

Du concret dans les cours et les Chaires

Si « faire preuve d’ouverture d’esprit et d’intégrité » est une compétence évaluée dans le cadre du Référentiel de compétences, la RSE est aussi abordée très concrètement dans les modules de formation. Ainsi le cours d’éthique des affaires traite des comportements immoraux dans les organisations et leurs conséquences. En guise d’évaluation, les élèves sont tenus de mettre en scène de tels comportements et de proposer des solutions pour les modifier.

L’amélioration du bien-être au travail est abordée au sein du cours de comportement organisationnel, tandis que le cours de gouvernance évoque les aspects de gestion de la diversité et de composition du conseil de gouvernance et la place des femmes. Ici les élèves sont notamment mis au défi de composer leur conseil d'administration selon des critères de genre et d'expérience, et selon des contextes particuliers, afin de réfléchir aux stéréotypes qui influencent les prises de décision.

Enfin l’ensemble de ces pratiques est appuyé par les activités de recherche des trois chaires « RSE » de l’École (Chaire Banque Populaire en Microfinance, Chaire en Gouvernance d’Entreprise et Chaire en Management et Innovation Responsables), toujours étroitement liées avec la pédagogie déployée au sein des cours, mais aussi au monde de l’entreprise via les différentes missions qu’elles peuvent mener.