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23/06/2016

Nouvelle édition du Baromètre de la Diversité dans les CA


Féminisation des CA : des disparités selon les types d’entreprises

 

La nouvelle édition du Baromètre de la Diversité dans les Conseils d’Administration (CA) est parue. Cette étude est menée chaque année par la Chaire en Gouvernance d’Entreprise du Burgundy School of Business, soutenue par le Conseil Régional de Bourgogne et le Crédit Agricole de Franche Comté.

Après les AG 2016, on constate deux tendances distinctes selon les types d’entreprises : si la féminisation du CA des grandes capitalisations affiche de véritables progrès, celle du CA des entreprises du compartiment B montre qu’on est encore assez loin du compte pour atteindre le seuil de 40% fixé par la loi Copé-Zimmermann.

Du mieux dans les grandes capitalisations

Une nouvelle étape a été franchie en matière de féminisation des conseils d'administration : chez les grandes capitalisations (> 1 milliard d’euros), qui représentent les 140 plus grosses sociétés cotées à Paris, 60% des administrateurs nommés en 2016 sont des femmes.

L’objectif de féminisation de 40% fixé par la loi Copé-Zimmermann à horizon 2017 est presque atteint chez les grandes sociétés : le taux moyen est de 36,7% et plus de la moitié des entreprises (56%) a déjà dépassé le seuil exigé. Un dernier effort devrait permettre à l’ensemble de respecter la loi.

L’influence des femmes devrait pouvoir s'exprimer car dans trois quarts des conseils d’administration elles sont au moins 4 et représentent donc une masse critique.

Pour poursuivre la féminisation de leur conseil d’administration, les grandes capitalisations ont commencé à modifier leurs exigences habituelles : si l’internationalisation (nationalité ou expérience) et la formation d’élite des nouvelles administratrices restent stables, une légère baisse est observée sur les autres critères : indépendance (61% contre 63% en 2015), expérience de haut dirigeant (51,3% contre 54,4% en 2015), expérience en finance (36% contre 42% en 2015) au profit de l’expérience en marketing & communication et en production (+2 points pour chacune).

Encore un effort pour les sociétés du compartiment B !

Le taux de féminisation des conseils d'administration des 139 sociétés du compartiment B (capitalisation comprises entre 150 M€ et 1 milliard d'€) continue de progresser et a atteint 30,9% après les assemblées générales 2016.

Un effort significatif reste à faire pour atteindre le seuil de 40% fixé par la loi Copé-Zimmermann à horizon 2017. Avec 46,4% de femmes nommées administratrices à la dernière assemblée générale, la féminisation n'a pas été assez forte en 2016. Les sociétés devront donc soit réduire la taille de leur conseil d'administration, soit recruter davantage de femmes lors de la prochaine AG pour se mettre en conformité.

Ce taux de 30,9% cache d'importantes disparités : en effet, 11 sociétés du compartiment B (dont 2 sociétés européennes) ont moins de 20% de femmes dans leur conseil d'administration, 49 ont un taux compris entre 20 et 30% tandis que 37 sociétés ont déjà dépassé les 40%.

En termes de caractéristiques, les moyennes capitalisations continuent la féminisation de leur conseil d'administration, par des administratrices plus internationales et plus indépendantes en 2016 qu'en 2015. Le niveau de formation des femmes administratrices reste élevé : 92,3% ont un diplôme Master ou plus, avec une hausse sensible des femmes issues des écoles d'élite (27,8% en 2015 et 33% en 2016). Les profils majoritaires restent des femmes avec une expérience financière (44,2%), en marketing communication (14,7%) et en droit (8,8%). Par contre, l'expérience de dirigeant a connu une légère baisse : 48,6% en 2016 contre 50,9% en 2015.