Le Grand Prix Livres Hebdo vu de l’intérieur - Burgundy School Of Business

Le Grand Prix Livres Hebdo vu de l’intérieur

Et comment une médiathèque de Grande Ecole s’adapte à la crise sanitaire

Trois questions à Marie-Louise Battault, Responsable du Learning Center BSB

Fin septembre, Marie-Louise Battault, Responsable du Learning Center de BSB (Burgundy School of Business), participait au jury du Grand Prix Livres Hebdo 2020. Cette invitation faisait suite au Prix de l’Accueil obtenu l’an dernier par le Learning Center BSB dans le même concours, reconnaissance inédite pour une business school. Marie-Louise raconte son expérience et évoque la situation, dans le contexte actuel, du tiers-lieu dont elle a la responsabilité.

Que retenez-vous de cette expérience au sein du jury du Grand Prix Livres Hebdo?

De très bons moments, et un sentiment de reconnaissance en participant à cette sélection! La compagnie était prestigieuse: le jury avait pour Président Bernard Pivot, et on y retrouvait notamment l’écrivain Philippe Delerm, l’économiste Françoise Benhamou, ou encore Véronique Cardi, Présidente de JC Lattès. L’ambiance fut très studieuse pour les délibérations, avec 127 dossiers issus de 12 pays défendus avec pugnacité, et ce malgré un contexte bouleversé par le Covid-19. Mais le virus de la lecture semble plus fort! Des librairies indépendantes résistent et arrivent à compenser même des pertes de chiffres d’affaires dues au confinement.

D’un point de vue plus personnel, je suis ravie d’avoir pu mettre en avant des personnes de l’ombre qui réalisent un travail considérable et tellement utile dans les villes et pour la vie des quartiers. Le professionnalisme et la polyvalence dans ce métier sont assez époustouflants. Que d’animations proposées par ces lieux! Soupes littéraires, bals littéraires, ateliers jeunesse, collaborations avec des théâtres, comité de lecture public, débats… Et des idées incroyablement originales comme la box littéraire surprise ou le sac emballage cadeau cousu avec des chutes de papier peint… Au final, je suis très fière du palmarès du Grand Prix.

Plus globalement, j’ai pu constater un glissement du modèle classique de la librairie vers des espaces conçus comme des lieux de vie sociale, culturelle, artistique, associative, avec une grande variété d’initiatives déployées. Cela n’a pu que me conforter dans la pertinence du Learning Center BSB tel que nous l’avons développé. Finalement nous avons un métier cousin, qui est aussi de faire connaitre des ressources et des auteurs pour enrichir nos étudiants et les faire progresser.

Un projet ou un lieu vous a-t-il particulièrement enthousiasmée?

J’ai eu un vrai coup de cœur pour la librairie Notre-Dame à Cotonou, au Bénin, qui concourrait dans la catégorie « Hors de France ». Sa Caravane du livre, qui sillonne chaque année le pays pendant plusieurs semaines, touche plus de cent écoles, collèges et lycées, et permet à de nombreux enfants démunis de prendre un livre en main pour la première fois. L’initiative est aussi l’occasion de valoriser les auteurs locaux et plus généralement la littérature africaine.

Une autre librairie située à Singapour m’a particulièrement marquée. Les loyers y sont si chers que cette librairie s’est installée dans un appartement! Ainsi quand on prend l’ascenseur pour y accéder, on a l’impression de rendre visite à des amis ou de la famille…

Comment le Learning Center BSB s’est-il adapté au contexte sanitaire cette année?

Il est sûr que depuis l’obtention de notre Prix de l’Accueil, les choses ont bien changé… et que cet accueil ne peut plus être tout à fait le même… Mais effectivement nous nous sommes adaptés, tout d’abord en respectant scrupuleusement les gestes barrières: port du masque et désinfection des mains obligatoires en entrant dans le lieu.

Le prêt des documents se fait à partir d’un automate et nous mettons en quarantaine les ouvrages à leur retour. Une jauge de fréquentation a été mise en place et nous avons réduit nos sessions nocturnes – 20h au lieu de 22h. Certaines bulles thématiques ne permettant pas la distanciation physique ont été fermées et nous avons interrompu tous nos ateliers en présentiel: lecture à voix haute, méditation en pleine conscience, jeux stratégiques… Un service Drive a même été mis en place pour les enseignants pendant notre fermeture.

Par ailleurs nous orientons nos projets à travers la mise en place d’un Digital Learning Center, avec l’acquisition d’un nouveau SIGB (Système Information Gestion de Bibliothèque) prévu pour mars 2021. Nous avons aussi investi dans un « outil de découverte » déployé depuis cette rentrée sur notre portail documentaire. Il a pour vocation de simplifier les recherches dans les bases de données académiques. Tous nos étudiants et chercheurs ont été formés à cet outil extrêmement performant.

Les lecteurs sont évidemment moins présents sur site – plus de 60% de chute de fréquentation… – mais nos activités liées aux accès distants et à la connexion aux ressources numériques explosent! Nous réfléchissons ainsi à booster notre offre ebooks via une bibliothèque électronique de plus de 30.000 titres accessibles en illimité et à distance. Enfin, nous maintenons un service d’aide aux lecteurs avec le développement d’un atelier en ligne « Besoin d’aide? » via l’outil Microsoft Teams. Une équipe de six professionnels y veille en réinventant à distance notre « Troisième Lieu ». Nous avons le souci de répondre à toutes les configurations d’accueil et de besoin d’information, aussi bien en présentiel et qu’en distanciel pour nos près de 3000 élèves et nos 70 enseignants-chercheurs, très exigeants en matière de sources et de fiabilité d’information. Quel que soit le contexte, le Learning Center reste à la pointe de l’innovation et au cœur de la pédagogie.

Crédit photo Livres Hebdo: Olivier Dion

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